Patrimoine religieux sur le territoire de La Louvière

Dossier GEFFELL*

 

 

Le patrimoine religieux

sur le territoire de La Louvière.

Une église, un point de repère dans le paysage, un patrimoine culturel, un espace collectif ouvert à tous.

 

Après la fusion des communes en 1977, La Louvière est le regroupement de 11 communes. Le doyenné de La Louvière couvre pratiquement ce même territoire mais compte 18 paroisses et donc 18 églises paroissiales.

 

Cet inventaire du patrimoine religieux louviérois, sans grande prétention sur le plan historique, se limitera aux 18 églises paroissiales du culte catholique.

 

Je me propose donc de vous faire mieux connaître ces églises.

Comment ? Avec l’aide des fabriciens de ces paroisses, je vous décrirai brièvement l’histoire de ces églises, leurs origines, leur style, les éléments importants qu’elles contiennent, quelques faits historiques ou anecdotes.

 

Un peu d’histoire.

Les louviérois savent que leur ville est jeune. En effet, La Louvière a été érigée par séparation de la commune de Saint-Vaast. Cette autonomie communale fut actée et signée par la loi du 27 février 1869. C’est en 1985 que La Louvière reçut l'autorisation de porter le titre de « Ville ».

Vu le déploiement des usines installées sur son territoire et le rapide accroissement de la population, des nouveaux lieux de culte ont été construits dans les nouveaux quartiers. Nous comptons dix églises construites depuis 1869. D’autres sont beaucoup plus anciennes, et ont déjà, on peut le dire, une réelle histoire. Les six plus anciennes sont situées sur les territoires des communes de Saint-Vaast, Maurage, Haine-Saint-Paul, Strépy, Houdeng-Aimeries, Haine-Saint-Pierre. Ces communes sont situées sur l’étroite plaine alluviale qui serpente au fond du sillon qu’ont creusé la Haine et son affluent le Thiriau, La Louvière n’étant qu’une forêt charbonnière non peuplée. Les églises actuelles de Boussoit et de Bracquegnies sont du milieu du 19e siècle, peu avant 1869.

 

A qui appartiennent ces églises ?

A la veille de la Révolution française, l’Eglise dispose de vastes biens et revenus. C’est l’héritage de nombreux siècles au cours desquels les dons des fidèles plus ou moins fortunés ont permis de rétribuer des services (religieux et sociaux), de construire des équipements généralement communautaires ou encore de percevoir des rentes et des loyers… Les abbayes très florissantes installent leurs « autels » (futures églises paroissiales) un peu partout sur leurs grands territoires.

Après 1789, les institutions nées de la Révolution française et du siècle des Lumières doivent gérer des situations difficiles (guerres, banqueroutes …). Les biens du clergé sont d’abord « mis à disposition » pour tenter de rétablir l’équilibre des finances de l’État. Si beaucoup ont été partiellement ou totalement détruits pendant la révolution, d’autres sont mis en vente pour faire face aux frais (notamment de guerres). En contrepartie, l’Etat octroie des pensions ou prend à sa charge des missions autrefois assurées par l’Eglise (Etat-civil, assistance publique et hospices de toutes natures).

Le Concordat (signé le 15 juillet 1801 entre le Pape Pie VII et Napoléon Bonaparte 1er Consul) rend au catholicisme sa position de religion d’Etat et vient consacrer un nouvel ordre après cette période troublée : les biens non aliénés ou non réservés aux hospices civils sont remis à la disposition des paroisses, sous la tutelle des pouvoirs publics. La Pentecôte 1802 marque le rétablissement solennel du culte catholique. Les églises profanées furent rendues à la célébration des offices et les ecclésiastiques proscrits se virent rétablis dans leurs fonctions.

Mais les biens hérités de l’Ancien Régime restent dans le domaine public (communes, provinces). Le nouveau cadre institutionnel permet d’assurer la conservation des édifices destinés au culte et, indirectement, de garantir des revenus aux membres du clergé.

En conséquence, les six plus anciennes églises (voir plus haut) construites avant 1789, sont devenues propriétés de l’Etat, et donc actuellement de la Ville de La Louvière. Parmi les 12 autres construites plus tard, sept appartiennent à leur Fabrique et cinq sont propriétés de la Ville. Cela sera expliqué au cas par cas.

 

En Belgique, les dispositions instaurées par le Concordat de 1802 sont toujours d’application, mais plus en France. La Belgique dissociée de la France après Waterloo a conservé ces conventions, la France a de son côté abandonné le Concordat.

En conséquence, les édifices des cultes reconnus, anciens ou nouveaux, propriété communale ou « fabricienne »  sont encore et toujours gérés par les Fabriques d’église sous la tutelle des Communes et des Régions, gestion réglementée par le décret impérial du 30 décembre 1809 (des modalités d’application sont en cours de modification, Région par Région).

 

Sur le plan religieux, de qui dépendent ces églises et le(s) curé(s) qui gère(nt) ces paroisses ?

Durant l’Ancien Régime (deux siècles antérieurs à la Révolution française), toutes nos paroisses relevaient du doyenné de Binche, archidiaconé (l’archidiacre est un clerc, proche collaborateur de l’évêque) de Hainaut, diocèse de Cambrai, province ecclésiastique de Reims.

Depuis la période française, ces paroisses en vertu des principes définis par le Concordat où un diocèse correspond à un département, dépendent désormais, comme toutes celles de la province du Hainaut, du diocèse de Tournai, province ecclésiastique de Malines-Bruxelles.

Le décret du 16 octobre 1803 organisait le nouveau diocèse de Tournai.

 

Revenons à La Louvière, aujourd’hui.

Vu l’importance de ce territoire et le nombre de paroisses, le doyenné de La Louvière est divisé en deux.

 

Les neufs paroisses du nord sont regroupées sous le vocable «Unité pastorale La Louvière-Nord». Le Doyen responsable est Joseph Dermaut, il est le curé de ces neuf paroisses.

Il s’agit des paroisses de (inaugurées ou livrées au culte en …):         

- Besonrieux : église du Sacré-Cœur (1904),

- Bois-du-Luc : église Sainte-Barbe (1905),

- Bouvy : église Saint-Antoine (août 1903),

- Houdeng-Aimeries : église Saint-Jean-Baptiste (1779),

- Houdeng-Goegnies : église Saint-Géry (1907),

- Jolimont : église Saint-Hubert (1872-1967)- N.D. de la Compassion (1973),

- La Croyère : église du Sacré-Cœur (1902),

- La Louvière Centre : église Saint-Joseph (1870),

- Longtain : église Notre-Dame des 7 Douleurs (mars 1903),

 

Les neuf paroisses du sud sont regroupées dans l’ «Unité pastorale du Val d’Haine». Le Père Etienne Ntale, vice-doyen est curé de ces neuf paroisses.

- Boussoit : église Sainte-Marie-Madeleine (1863),

- Bracquegnies : église Saint-Joseph (1865),

- Haine-Saint-Paul : église Saint-Paul (1737),

- Haine-Saint-Paul : église Saint-Ghislain (1954),

- Haine-Saint-Pierre : église Saint-Pierre (1782),

- Maurage : église Saint-Jean-Baptiste (1420),

- Saint-Vaast : église Saint-Gaston (1100),

- Strépy : église Saint-Martin (1767),

Dossier GEFFELL*

 

 

Le patrimoine religieux

sur le territoire de La Louvière.

Une église, un point de repère dans le paysage, un patrimoine culturel, un espace collectif ouvert à tous.

 

Après la fusion des communes en 1977, La Louvière est le regroupement de 11 communes. Le doyenné de La Louvière couvre pratiquement ce même territoire mais compte 18 paroisses et donc 18 églises paroissiales.

 

Cet inventaire du patrimoine religieux louviérois, sans grande prétention sur le plan historique, se limitera aux 18 églises paroissiales du culte catholique.

 

Je me propose donc de vous faire mieux connaître ces églises.

Comment ? Avec l’aide des fabriciens de ces paroisses, je vous décrirai brièvement l’histoire de ces églises, leurs origines, leur style, les éléments importants qu’elles contiennent, quelques faits historiques ou anecdotes.

 

Un peu d’histoire.

Les louviérois savent que leur ville est jeune. En effet, La Louvière a été érigée par séparation de la commune de Saint-Vaast. Cette autonomie communale fut actée et signée par la loi du 27 février 1869. C’est en 1985 que La Louvière reçut l'autorisation de porter le titre de « Ville ».

Vu le déploiement des usines installées sur son territoire et le rapide accroissement de la population, des nouveaux lieux de culte ont été construits dans les nouveaux quartiers. Nous comptons dix églises construites depuis 1869. D’autres sont beaucoup plus anciennes, et ont déjà, on peut le dire, une réelle histoire. Les six plus anciennes sont situées sur les territoires des communes de Saint-Vaast, Maurage, Haine-Saint-Paul, Strépy, Houdeng-Aimeries, Haine-Saint-Pierre. Ces communes sont situées sur l’étroite plaine alluviale qui serpente au fond du sillon qu’ont creusé la Haine et son affluent le Thiriau, La Louvière n’étant qu’une forêt charbonnière non peuplée. Les églises actuelles de Boussoit et de Bracquegnies sont du milieu du 19e siècle, peu avant 1869.

 

A qui appartiennent ces églises ?

A la veille de la Révolution française, l’Eglise dispose de vastes biens et revenus. C’est l’héritage de nombreux siècles au cours desquels les dons des fidèles plus ou moins fortunés ont permis de rétribuer des services (religieux et sociaux), de construire des équipements généralement communautaires ou encore de percevoir des rentes et des loyers… Les abbayes très florissantes installent leurs « autels » (futures églises paroissiales) un peu partout sur leurs grands territoires.

Après 1789, les institutions nées de la Révolution française et du siècle des Lumières doivent gérer des situations difficiles (guerres, banqueroutes …). Les biens du clergé sont d’abord « mis à disposition » pour tenter de rétablir l’équilibre des finances de l’État. Si beaucoup ont été partiellement ou totalement détruits pendant la révolution, d’autres sont mis en vente pour faire face aux frais (notamment de guerres). En contrepartie, l’Etat octroie des pensions ou prend à sa charge des missions autrefois assurées par l’Eglise (Etat-civil, assistance publique et hospices de toutes natures).

Le Concordat (signé le 15 juillet 1801 entre le Pape Pie VII et Napoléon Bonaparte 1er Consul) rend au catholicisme sa position de religion d’Etat et vient consacrer un nouvel ordre après cette période troublée : les biens non aliénés ou non réservés aux hospices civils sont remis à la disposition des paroisses, sous la tutelle des pouvoirs publics. La Pentecôte 1802 marque le rétablissement solennel du culte catholique. Les églises profanées furent rendues à la célébration des offices et les ecclésiastiques proscrits se virent rétablis dans leurs fonctions.

Mais les biens hérités de l’Ancien Régime restent dans le domaine public (communes, provinces). Le nouveau cadre institutionnel permet d’assurer la conservation des édifices destinés au culte et, indirectement, de garantir des revenus aux membres du clergé.

En conséquence, les six plus anciennes églises (voir plus haut) construites avant 1789, sont devenues propriétés de l’Etat, et donc actuellement de la Ville de La Louvière. Parmi les 12 autres construites plus tard, sept appartiennent à leur Fabrique et cinq sont propriétés de la Ville. Cela sera expliqué au cas par cas.

 

En Belgique, les dispositions instaurées par le Concordat de 1802 sont toujours d’application, mais plus en France. La Belgique dissociée de la France après Waterloo a conservé ces conventions, la France a de son côté abandonné le Concordat.

En conséquence, les édifices des cultes reconnus, anciens ou nouveaux, propriété communale ou « fabricienne »  sont encore et toujours gérés par les Fabriques d’église sous la tutelle des Communes et des Régions, gestion réglementée par le décret impérial du 30 décembre 1809 (des modalités d’application sont en cours de modification, Région par Région).

 

Sur le plan religieux, de qui dépendent ces églises et le(s) curé(s) qui gère(nt) ces paroisses ?

Durant l’Ancien Régime (deux siècles antérieurs à la Révolution française), toutes nos paroisses relevaient du doyenné de Binche, archidiaconé (l’archidiacre est un clerc, proche collaborateur de l’évêque) de Hainaut, diocèse de Cambrai, province ecclésiastique de Reims.

Depuis la période française, ces paroisses en vertu des principes définis par le Concordat où un diocèse correspond à un département, dépendent désormais, comme toutes celles de la province du Hainaut, du diocèse de Tournai, province ecclésiastique de Malines-Bruxelles.

Le décret du 16 octobre 1803 organisait le nouveau diocèse de Tournai.

 

Revenons à La Louvière, aujourd’hui.

Vu l’importance de ce territoire et le nombre de paroisses, le doyenné de La Louvière est divisé en deux.

 

Les neufs paroisses du nord sont regroupées sous le vocable «Unité pastorale La Louvière-Nord». Le Doyen responsable est Joseph Dermaut, il est le curé de ces neuf paroisses.

Il s’agit des paroisses de (inaugurées ou livrées au culte en …):         

- Besonrieux : église du Sacré-Cœur (1904),

- Bois-du-Luc : église Sainte-Barbe (1905),

- Bouvy : église Saint-Antoine (août 1903),

- Houdeng-Aimeries : église Saint-Jean-Baptiste (1779),

- Houdeng-Goegnies : église Saint-Géry (1907),

- Jolimont : église Saint-Hubert (1872-1967)- N.D. de la Compassion (1973),

- La Croyère : église du Sacré-Cœur (1902),

- La Louvière Centre : église Saint-Joseph (1870),

- Longtain : église Notre-Dame des 7 Douleurs (mars 1903),

 

Les neuf paroisses du sud sont regroupées dans l’ «Unité pastorale du Val d’Haine». Le Père Etienne Ntale, vice-doyen est curé de ces neuf paroisses.

- Boussoit : église Sainte-Marie-Madeleine (1863),

- Bracquegnies : église Saint-Joseph (1865),

- Haine-Saint-Paul : église Saint-Paul (1737),

- Haine-Saint-Paul : église Saint-Ghislain (1954),

- Haine-Saint-Pierre : église Saint-Pierre (1782),

- Maurage : église Saint-Jean-Baptiste (1420),

- Saint-Vaast : église Saint-Gaston (1100),

- Strépy : église Saint-Martin (1767),

- Trivières : église Saint-Martin (1877),

 

Dans les prochaines éditions mensuelles de « Echos des 9 clochers » et sur le site WEB de l’unité pastorale du Val d’Haine (http://www.upvaldhaine.be/), vous pourrez lire une description d’une église paroissiale de l’entité (une par mois).

Pour ne pas faire de jaloux, l’ordre de parution de ces descriptions sera chronologique. Les plus anciennes églises seront décrites les premières, la dernière sera celle construite le plus récemment.

 

 

                                                                                René, pour le Gefell.

 

 

Ouvrages et articles consultés :

  • Note complémentaire au débat « Fabriques d’église » du 23 octobre 2011 à Horrue, par Gérard BAVAY.
  • « Le patrimoine d’une métropole culturelle- Le patrimoine religieux de La Louvière » par Julien MAQUET – Institut du Patrimoine wallon.
  • « Un clocher en Aimeries » de Willy Staquet

 

 

* GEFFELL : Le Groupement des Fabriques d’Église de l’entité de La Louvière a vu le jour en janvier 2008. Sa mission est, comme celle des Fabriques (extrait des statuts), la gestion du patrimoine religieux (églises, presbytères) au service de la liturgie. Le GEFELL est ainsi reconnu comme interlocuteur pour les 18 Fabriques auprès de l’Entité communale.

 

Contact et renseignements : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

- Trivières : église Saint-Martin (1877),

 

Dans les prochaines éditions mensuelles de « Echos des 9 clochers » et sur le site WEB de l’unité pastorale du Val d’Haine (http://www.upvaldhaine.be/), vous pourrez lire une description d’une église paroissiale de l’entité (une par mois).

Pour ne pas faire de jaloux, l’ordre de parution de ces descriptions sera chronologique. Les plus anciennes églises seront décrites les premières, la dernière sera celle construite le plus récemment.

 

 

                                                                                René, pour le Gefell.

 

 

Ouvrages et articles consultés :

  • Note complémentaire au débat « Fabriques d’église » du 23 octobre 2011 à Horrue, par Gérard BAVAY.
  • « Le patrimoine d’une métropole culturelle- Le patrimoine religieux de La Louvière » par Julien MAQUET – Institut du Patrimoine wallon.
  • « Un clocher en Aimeries » de Willy Staquet

 

 

* GEFFELL : Le Groupement des Fabriques d’Église de l’entité de La Louvière a vu le jour en janvier 2008. Sa mission est, comme celle des Fabriques (extrait des statuts), la gestion du patrimoine religieux (églises, presbytères) au service de la liturgie. Le GEFELL est ainsi reconnu comme interlocuteur pour les 18 Fabriques auprès de l’Entité communale.

 

Contact et renseignements : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Patrimoine religieux St Ghislain

Dossier GEFELL

Le patrimoine religieux sur le territoire de La Louvière (Eglises paroissiales)

Une église, un point de repère dans le paysage, un patrimoine culturel, un espace collectif ouvert à tous.

 

N° 17 : Eglise Saint-Ghislain

Propriété de la Fabrique d’église Saint-Ghislain à Haine-Saint-Paul.

 

                                                                            

Paroisse d’Haine-Saint-Paul

Situation : Chaussée de Mons, 40 - 7100 La Louvière (Haine-Saint-Paul)

Saint patron : saint Ghislain, fêté le 10 octobre.

Renseignements : Unité Pastorale du Val d’Haine. Tél. : 064 66 26 09

 

Origine et historique : C’est en 1905 que le Conseil de fabrique de l’église Saint-Paul de Haine-Saint-Paul prit la décision d’ériger une nouvelle église dans l’environnement proche de la gare de Haine-Saint-Pierre en raison de la distance et, surtout, de la dénivellation d’environ 70 mètres entre ce quartier et le centre de la paroisse à Haine-Saint-Paul. La paroisse fut reconnue la même année et une église provisoire fut installée dans les bâtiments transformés de la ferme Thiriar sur la chaussée de Mons à Nivelles.

Mais il fallut attendre 1925 pour que l’église Saint-Ghislain fût édifiée selon les plans de l’architecte Constant Sonneville de Tournai (également architecte de Saint-Antoine à Bouvy et Sainte-Barbe à Bois-du-Luc). Il s’agissait d’un vaste sanctuaire de style néogothique de quatre travées, d’un transept surbaissé et un chœur très court, le tout abrité sous la même vaste bâtière.

Cette église fut détruite par les bombardements de nuit, en tapis, la nuit du 9 au 10 mai 1944. La salle des fêtes des religieuses voisines, les Sœurs de l’Enfant-Jésus, servi de sanctuaire provisoire.

Un premier avant-projet pour une nouvelle église Saint-Ghislain fut élaboré dès le 21 juin 1945 par l’architecte Joseph Schumacker travaillant pour les Ateliers d’art de Maredsous. Ces plans firent l’objet de différentes remarques faites par la Commission des Monuments et Sites et plus particulièrement l’architecte–restaurateur et professeur à l’UCL, Simon Brigode. Les plans étaient finalisés en 1950 après l’intervention d’un second architecte originaire de Haine-Saint-Paul, Louis Salmon.

Les travaux de construction, en cours durant l’année 1953, nécessitèrent quelques aménagements supplémentaires tenant compte du nouveau tracé de la route nationale, passant à proximité du sanctuaire, et des destructions souterraines causées par le bombardement plus importantes qu’initialement envisagées. Par conséquent, l’implantation du nouvel édifice dut être modifiée. L’église actuelle n’occupe pas exactement le même emplacement que la précédente. 

 

Description : Ce sanctuaire de style moderne, librement inspiré de l’art roman, est construit en moellons de grès mosan, petit appareil rustique dans les tons patinés roussâtres et ocres jaunes. Bien située, c’est une très belle réussite.

Le portail d’entrée est accosté sur la droite d’une courte tour massive dont le sommet, coiffé d’une toiture pyramidale basse, est percé sur chaque face d’une paire de petites ouvertures en plein cintre avec abat-sons. L’édifice comprend un large vaisseau d’une seule nef de cinq travées, chacune éclairée par une haute fenêtre étroite en plein cintre, et un chœur surbaissé éclairé de part et d’autre par deux fenêtres également en plein cintre. Toutes ces fenêtres sont garnies de vitraux à petits éléments rectangulaires mélangeant les nuances de gris clairs et de bleus.

Le chœur est séparé de la nef par un arc triomphal. Latéralement, chaque travée est percée d’une baie en plein cintre en briques apparentes donnant accès aux galeries latérales.

Le chevet est plat et percé de trois fenêtres. Ces trois vitraux, à dominance bleue, représentent, au centre,  le Christ en croix portée par son Père des cieux, des visages humains les contemplent à gauche et à droite.

L’intérieur est couvert d’un plafond plat en bois aux poutres support apparentes, le tout peint en gris-blanc. Les murs sont peints d’une teinte uniforme blanc cassé variant avec l’orientation de l’éclairage naturel ou de l’éclairage artificiel aux teintes chaudes. L’ensemble est très clair, sobre et inspire la méditation.

La nef est ceinturée sur son pourtour d’une galerie fermée et d’annexes éclairées chacune par deux petites lancettes d’inspiration romane. Entre ces deux lancettes habillées de vitraux au dessin moderne à dominance bleue ponctués de petits éléments de teintes vives, une niche aveugle de même facture abrite une statue monochrome blanche.

En entrant, à gauche, se situent les fonds baptismaux dont la cuve est coiffée d’un haut couvercle conique. Ce local assez bas de plafond est éclairé de vitraux à éléments rectangulaires mélangeant les nuances de teintes rouges et claires translucides.

A gauche, en bout de galerie, se trouve une chapelle meublée d’un autel et d’une trentaine de chaises. Une porte, à droite de l’autel, donne accès à la sacristie. Elle est éclairée sur sa gauche par six fenêtres de plein cintre aux vitraux en nuance de bleus. La chapelle est séparée de la nef, sur sa droite, par la fermeture vitrée des deux dernières travées.

 

Mobilier intérieur : Comme décrit plus haut, l’ensemble est sobre.

Le mobilier se compose essentiellement du maître autel d’origine surélevé de trois marches dans le fond du chœur surélevé lui-même de trois marches par rapport à la nef. C’est une table de marbre noir. Sur l’épaisseur de la tranche de la table se lit l’inscription en caractères dorés : « Pour nous, le Christ s’immole». Au-dessus de cet autel, sur le mur de fond du chœur, un grand christ en croix.

Un second autel, plus petit, est placé au bord du chœur permettant au prêtre de célébrer face au public.

L’orgue, installé en tribune derrière les trois fenêtres qui ornent le haut pignon de la façade à rue, a été réalisé à la fin des travaux en 1954 par le facteur d’orgues Emile Verschuren de Tongres.

 

René, pour le Gefell.             

                                                              fabriqueséCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Ouvrages et articles consultés :

  • « Le patrimoine d’une métropole culturelle- Le patrimoine religieux de La Louvière » par Julien MAQUET – Institut du Patrimoine wallon- 2012
  • « Histoire religieuse de Haine-Saint-Pierre, Haine-Saint-Paul et Morlanwelz » par l’abbé Julien Vassaux - Nov. 1974

Patrimoine religieux Boussoit

Dossier GEFELL Le patrimoine religieux sur le territoire de La Louvière (Eglises paroissiales)
Une église, un point de repère dans le paysage, un patrimoine culturel, un espace collectif ouvert à tous.

N° 7 : Eglise Sainte-Marie-Madeleine Propriété de la Fabrique d’église Sainte-Marie-Madeleine à Boussoit

Façade nord, vue du bas de la rue – Façade est, rue de la Place – Accès façade sud
Paroisse de Boussoit1 Situation : Rue de la Place - 7110 La Louvière (Boussoit) Saint patron : saint Marie-Madeleine, fêtée le 22 juillet. Renseignements : Unité Pastorale du Val d’Haine. Tél. : 064 66 26 09

1 Ethymologie : Buis se dit en latin boxum et en ajoutant le suffixe etum, qui signifie lieu, on obtient boxetum (endroit ou pousse le buis). Au 10ème siècle, Boussoit s’appelait « Buxède » ou « Buxéide ». Les habitants sont des Buxiniens. Il faut attendre le XIIe siècle (1118) pour avoir la première mention sûre de la localité « Boussoit ».

Origine et historique : Primitivement, l’église de Boussoit n’était que le secours de Thieu2, et à la collation de l’abbaye bénédictine de Saint-Denisen-Broqueroie. En 1305, grâce à l’action personnelle de Jean Sausset, seigneur du village, elle devint paroisse autonome. Son acte de naissance fut signé par Philippe, évêque de Cambrai, le 3 octobre 1307. En 1315, l’abbé de Saint-Denis céda la collation au curé de Boussoit. Il semble que malgré l’érection de la paroisse, il ne fut procédé à aucune construction d’église, et celle qui fut démolie en 1863 était toujours la première chapelle agrandie au cours des siècles. Elle avait une nef et un transept de style roman, tandis que le cœur était gothique. C’est le curé J. B. Flamme ( 1889) qui a fait construire l’église actuelle. Sa tombe se trouve à côté de l’église, à proximité du transept sud en face de l’entrée de l’ancienne cure. Cette nouvelle église est due notamment à la libéralité3 de Albert Marie Léon de Nédonchel (1887) et de son épouse Marie Angélique Ghislaine Waudru, née marquise de Rodriguez D’Evora y Vega (1886). Leur monument funéraire est placé contre le mur extérieur de leur loge privée située à droite du chœur et dans laquelle ils pouvaient assister discrètement à l’office en ouvrant une petite fenêtre. Ils accédaient directement à ce local par une porte extérieure privée toujours existante et surmontée d’une plaque en fonte avec le chiffre des époux, à savoir un N et un R entrelacés et surmontés d’une couronne comtale. Un autre monument commémoratif qui leur est consacré est installé dans cette loge privée, laquelle est aujourd’hui un débarras.

Description : Située rue de la Place, vous pourriez ne pas la voir en descendant la dite rue. Située sur une butte et cachée par quelques arbres, vous la découvrirez à votre droite en remontant la rue. Du côté nord, vous arriverez au porche en montant deux volées d’escalier. La seconde volée de vingt-cinq marches de pierre irrégulières et sans mains courantes est assez dangereuse. Heureusement, un accès carrossable est possible par le haut de la rue de la Place. Arrivant au sommet de cette rampe, on découvre les façades sud et est.

2 Chapelle ou église qui double l’église paroissiale trop éloignée ou de dimensions insuffisantes. 3 Dispositions à donner largement.
L’église actuelle a été construite en 1863 et 1864 selon les plans de l’architecte Louis Dethuin de Mons. Il s’agit d’un vaste édifice néo-roman en briques, en forme de croix latine dont la façade, percée d’une rosace, est surmontée d’une tour carrée sommée d’une flèche octogonale et de quatre petits clochetons. Les trois nefs de deux travées4 s’ouvrent sur un transept saillant de deux travées, dont chaque croisillon est éclairé par une rosace. Le chœur de trois travées est fermé par une abside semi-circulaire. Le grand volume de la nef et du transept est décoré d’un faux trivorium5 et de fenêtres hautes ce qui lui donne une élégance certaine, insoupçonnée vue de l’extérieur. Les couleurs unies, gris clair et beige, confèrent à l’ensemble une belle sobriété.

Mobilier intérieur : L’autel majeur en style néo-roman en pierre crayeuse polychrome richement décoré et coloré est l’œuvre du sculpteur gantois Delanier, il date de 1865 et a été offert par le comte A.M.L. de Nédonchel et son épouse. Les deux autels latéraux situés dans la première travée du chœur, prolongement des collatéraux au-delà du transept, sont également de style néo-roman et en pierre crayeuse polychrome. Tout aussi richement décorés, ils sont l’œuvre d’Edouard François Marchant de Bruxelles et datent de 1868. Celui de droite, dédié à sainte Marie-Madeleine a été offert par Ad. Carton de Wiart. Une belle statue la représente un crucifix dans les bras. Celui de gauche, dédié à la Vierge est un don de l’abbé Flamme, curé de la paroisse. Dans l’aile gauche du transept, un autre bel autel est consacré à NotreDame de La Salette6. Une statue la représente avec les deux enfants.

4 La travée est une ouverture délimitée par deux supports verticaux constituant les points d'appuis principaux ou les pièces maîtresses d'une construction (piliers, colonnes, ...) 5 Un faux triforium est une arcature aveugle plaquée contre le mur au-dessus des grandes arcades, simulant un triforium aménagé dans l’épaisseur des murs au niveau des combles des bas-côtés. 6 Notre-Dame de La Salette est le nom sous lequel les fidèles catholiques désignent la Vierge Marie en tant qu'apparue à deux enfants le 19 septembre 1846.

L’église contient un orgue de tribune du facteur d’orgues tournaisien Maurice Delmotte. Il date de 1932 et est situé au premier étage de la tour. Dans le fond du collatéral gauche est placé un fragment de la pierre tombale de Jean Sausset (1339) fondateur de l’ancien hôpital Saint-Julien de Boussoit en 1286. Cette pierre a été retrouvée lors de la démolition de l’église médiévale en 1863.



René, pour le Gefell. fabriqueséCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Ouvrages et articles consultés : - « Le patrimoine d’une métropole culturelle- Le patrimoine religieux de La Louvière » par Julien MAQUET – Institut du Patrimoine wallon- 2012 - « La nouvelle histoire du Centre » par Willy Staquet – 1988 - « Notice sur le village de Boussoit-sur-Haine » par L.-A.-J. PETIT. - « Monographie de La Louvière – Commune de Boussoit »